Il était une fois en royaume de Sarkozie un homme qui aspirait à une vie intérieure forte, quasi monacale.
Ses valeurs étaient la transparence, le respect des quotas, la sécurité sous tous ses aspects y compris au volant.
Partisan de la tolérance zéro, il était persuadé que les petits délits cachent d'immondes penchants.

Pour assoupir le roi qui lui demandait une histoire édifiante par jour juste avant son endormissement il raconta un jour l'histoire de la femme qui conduisait en niqab dont un gentil policier avait relevé la "conduite non aisée" en exhumant un obscur article du code de la route.
Ce soir la le roi dormit tranquille, Hortefeux avait prouvé ses talents de conteur par son storytelling repris par les médias que le roi regardait.

J+1 :
Le lendemain il fallut innover, la femme au niqab était française, avait un mari musulman qui lui avait imposé ce niqab.
Le roi s'endormit béat devant la télé.

J+2 :
Le surlendemain ce mari n'avait obtenu sa nationalité française que par ce mariage, le roi fut heureux grâce à Hortefeux.

Alors il décida de corser l'histoire quotidienne car si le roi s'endormait facilement quelques sourires se faisaient jour dans le peuple et le roi détestait voir le peuple rire.

J+3 :
Le mari musulman était polygame, il devait donc être déchu de la nationalité française. Car c'est bien connu le français n'est pas partageux surtout de son objet le plus cher : ses femmes.

J+4 :
Le mari répondit aux attentes d'Hortefeux, dont la vie intérieure était troublée, en signalant que pour lui la polygamie s'appelait maitresses et que c'était permis en France.

J+5 :
Quelques juristes signalèrent que le désir de déchéance exprimé par le Tartuffe Hortefeux n'était pas recevable en droit.

J+6 :
Histoire de calmer le jeu, ce jour-la, il n'y eut qu'un vol à signaler dans la boucherie du mari et un enième débat de société avec femme burquifiée à la télé.
Le roi Sarkozy dormait, mais d'un sommeil agité car la stupeur face au retentissement de cette affaire commençait à se muer en franche hilarité dans des couches de plus en plus large du peuple.

J+7 :
Le mari boucher bat ses femmes, ce qui heurta notre preux paladin et mit le feu à ses principes moraux qui guidaient sa vie intérieure qu'il voulait voir appliquer à tous les français.
Seul moyen pour endormir le roi et préserver le temps de cerveau disponible dont celui-ci était friand.

J+8 :
Le mari polygame et musulman a fait des enfants à ses nombreuses maitresses et les bat aussi, ce qu'Hortefeux à la tête de la police nationale ne peut même pas imaginer.
N'est-il pas le dépositaire de la violence légitime ?

Le bouffon du roi ( Besson ) prit ombrage des capacités nouvelles de conteur dont faisait montre l'homme de l'Intérieur ( n'était-il pas capable de monter un bateau aussi mal ficelé que le sien avec l'identité nationale ? ).
Il s'interrogea sur ce qu'il était possible de faire en terme de déchéance.

J+9 :
A bouts d'arguments, il ne restait à Hortefeux qu'à sortir une histoire belge puisque ce pays vient de sortir une loi qui interdit la burqa dans tout l'espace public.

Que les mille et une nuits perdent en enchantements, quand on ne met en scène que des imbéciles menaçant un abruti.

Etre ferme comme un roc sur des principes liberticides et médiatiques ne vaut pas l'oiseau Roc.

Et le voyage, la découverte d'autres façons de vivre par l'utilisation médiatique d'une réalité policière n'a rien à voir avec les voyages de Sinbad.

Serons nous capables d'en rire avant que d'en être dégoutés ?