Ce qui se passe actuellement entre Villepin ( le corps mort ), Sarkozy ( le financier ), le procureur ( la justice ) et les médias est un cas d'école.

Mais d'abord, résumons les faits :
Un grand dadais, intronisé par un magouilleur à l'ancienne ( C. ) pour sauver ce qui pouvait l'être d'un système en bout de course, monte une embrouille sur la foi d'un listing d'informations financières qui lui parviennent par un grenouillage de services secrets et mettant en cause le champion des financiers ( S. ).

Le grand dadais joue son va-tout pour faire trébucher S. dans sa marche triomphale vers l'Elysée.
Il joue cela dans les médias qui choisissent S..
Le grand dadais perd le droit de se présenter en 2007, avec en prime une instruction judiciaire qui va durer plus de trois ans et conclut à sa relaxe en première instance.

Pensant être quitte le grand dadais plastronne.

S. déclare qu'il ne fera pas appel car son assurance a crû jusqu'au point ou il passe ses ordres à la justice ( le procureur ) par le biais des médias, tout en avalisant la poursuite de la procédure en tant qu'échelon politique garant de l'indépendance de la justice et donc du procureur.
Celui-ci annonce qu'il fera appel dans les médias ( sur Europe I ).

On peut donc en déduire que la politique en tant que pouvoir a, une nouvelle foi, fait la preuve de sa disparition, que la justice à montré que son pouvoir réside dans sa subordination et que les médias sont dans l'habillage d'une vérité nue et crue sans être à l'origine de la décision.

Si la preuve doit être faite que l'outil privilégié de la domination est bien l'argent, pas d'exemple plus éclairant que ce spectacle comique.

Mais maintenant, de la même façon que le capitalisme s'est cristallisé en spectacle et que l'argent ( la valeur, la marchandisation ou tout autre terme à votre convenance ) s'est cristallisé en pouvoir ( système inégalitariste, domination ou réification ), devrons nous voter Villepin pour ressusciter la politique qui rétablira l'équilibre des pouvoirs à la Montesquieu, lui-même ressuscitant les discours légitimant la fameuse démocratie parlementaire instituée par la Révolution ?

Bien sur que non, laissons le grand dadais à son destin et S. à ses rolex.

Si vivre implique des compromissions, il ne reste qu'à choisir avec quoi se compromettre.
L'argent, la justice et les médias sont déjà hors champ de ce choix-la.
Que la vue se dégage !

Librement inspiré par le livre de Michel Surya, paru en 1999 : De la domination - Capitalisme, Transparence et Affaires -