Ce billet est un billet écrit à la suite de la lecture d'un article de la Revue Ravages ( numéro 3 ) intitulée "Bêtes de somme" ou est interrogée notre "humanimalité" comme dit Surya dans nos rapports de production avec les bêtes d'élevage.
Il y est fait un lien pertinent entre les conditions d'élevage et d'abattage des animaux de boucherie et notre relation au travail qu'il soit en prise directe avec ce secteur d'activité ou non.

Cet article a participé pour moi, à la lecture, à un "dévoilement" au sens de dévoilement du monde.
Une évidence qui, dans sa façon d'être présentée, induit un changement de perspective sur des éléments à notre disposition et notre façon d'être au monde :

* Les pandémies et les abattages massifs.
* Les attitudes animales dans leurs morts programmées.
* Le bien-être animal comme support légal à la massification des élevages ( pendant direct du bonheur que nous sommes censés trouver dans la mondialisation ).

Le caractère global de l'attitude à adopter pour espérer dessiner un refus à la solution intégrée dont Sarkozy est le nom.
Le caractère intégré des usines de naissance-élevage-abattage dessine une nouvelle arche de Noe inédite ou la place relative des animaux et des hommes a subi une inquiétante dégradation.
Du renouvellement de la vie à une production sans but ( circularité contre ligne infinie ).

De la condition des bêtes de somme pour les humains prolétaires à la somme des bêtes des prolétaires animaux, il n'y a qu'un pas dans le sens ou l'humain, pour survivre dans cet environnement, ne peut que nier et les animaux et sa part animale par la quantification des kilos de viande.

Pas de notion de couples d'animaux comme chez Noé.
Pas de notion de troupeau d'animaux comme dans l'élevage traditionnel.

Une simple somme qui ne devient réelle - en nombre de kilos de viande - que par la mise à mort de l'animal et quelquefois par le suicide de l'agriculteur.

Les logiques hygiénistes poussant à l'adoption de règlementation censées améliorer le "bien-être animal", qui elle-mêmes poussent à une industrialisation ouvrent la porte à une gestion des improductifs qui entre en résonance avec les pistes tracées aujourd'hui par le RSA, les quotas et plus globalement les contrôles et autres techniques de management visant à une meilleure efficacité sans tenir compte des suicides en milieu humain.

Cette société dévore ses enfants comme elle nous pousse par effet de bord de la croissance à dévorer toujours plus nos bêtes de somme bien au dela d'un équilibre alimentaire qui ne fait pas partie des objectifs.

Comme il est dit dans l'article " le stress permet d'occulter la souffrance" et nommer autant que montrer reste de la toute première importance pour comprendre le propos sarkozien et la logique à l'oeuvre dans l'atomisation ( appelée individualisme ) qui sous-tend une loi - improprement appelée - de la jungle.