Pétition commentée de divers chercheurs appelée «Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration»

Signataires:
Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).


Extrait :

«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de "l’Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger - et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

Commentaire :

La stigmatisation est sur tous les fronts, l'un parce qu'il est étranger, l'autre parce qu'il est travailleur, un autre encore parce qu'il regarde de travers un flic ou parce qu'il n'est pas propriétaire voire à la rue.
Avec la possibilité d'avoir un mix de tout cela.
La glorification de la force s'exerce toujours au dépens de celui qui est faible ou considéré comme tel.
Sauf que dans une dictature constituée classique la violence s'exerce sur un seul bouc émissaire bien identifié, ici tout le monde peut l'être et la course aux papiers est infinie puisqu'il en faudra toujours plus.


Extrait :

«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

Commentaire :

Alors pour les bas de plafond et les effets d'annonce l'étranger ( que nous sommes tous - en ce qui me concerne deux de mes grands-parents ne sont pas nés en France et mon père n'a eu sa nationalité qu'à l'aube de ses 20 ans, j'ai eu connaissance d'un gardien de cimetière à la retraite qui a failli être reconduit à la frontière à 70 ans, les morts même racistes sont finalement plus accueillants ) est l'exutoire facile de politique ( a peine si j'ose employer ce terme tellement est basse la besogne qui est désignée ) du chiffre sans aucun autre sens que vexatoire.


Extrait :

«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un "débat" sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.

Commentaire :

Quand il s'agit de toujours poser au sauveur de la France, d'aller de crise en crise et de rodomontades en rodomontades il est évident que cela ne peut être fait que sur des mots d'ordre qui abaissent les personnes à qui ils sont destinés.
Il est aussi évident que si l'on cherche à se construire un "destin" au dessus des autres deux voies s'offrent :
s'élever soi-même ou rabaisser les autres.
La seconde voie a été choisie instrumentalisée par un raciste ami proche ( confer propos de l'université d'été de Hortefeux ) et continuée par un veule qui ne pouvant être Iago se "contente" d'être Besson.

Extrait :

«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

Commentaire :

La préfecture ne peut être le lieu d'un débat, administration symbole du contrôle d'état et des étrangers, elle ne peut se hausser du col jusqu'à dire le droit, l'idée voire définir le vivre-ensemble.
La liberté portée en sautoir par des Sarkozy et des Besson ne peut y survivre.
Au premier niveau une préfecture est une administration, corps hiérarchisé donc inapte à penser la liberté.
Au deuxième niveau la préfecture est une excroissance de l'Etat qui applique des règlements sans chercher à les comprendre donc inapte à penser la fraternité
Au troisième niveau la préfecture exerce une fonction régalienne qui la légitime en tant que corps constitué sans que le peuple y ait consenti puisqu'on l'a toujours maintenu en dehors de l'organisation administrative donc inapte à l'égalité.

Extrait :

«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration", car il met en danger la démocratie.»

Commentaire :

Personnellement j'appellerais bien à la suppression des ministères par réintroduction de fonctionnement démocratique des endroits ou ils n'ont jamais eu droit de cité ( vive le conseillisme ).
J'appellerais bien aussi à la suppression de l'identité nationale par internationalisme car comme Occam j'estime que "Les entités ne doivent pas être multipliées par delà ce qui est nécessaire" et pour la résolutions des problèmes qui nous assaillent je n'en vois pas l'utilité sauf comme objet de recherche universitaire.
Quant à l'immigration la seule façon de la supprimer, je parle de l'immigration économique contrainte c'est d'avoir un développement concerté au niveau mondial comme les tiers mondistes l'ont proposé dans le désert depuis tellement de décennies.

S'il y a un symbole de l'identité nationale à supprimer c'est bien la carte nationale d'identité, créée sous Pétain et délivrée dans les préfectures.

Un petit effort messieurs les chercheurs, exigez la suppression de la carte nationale d'identité, symbole fort de la captation par l'Etat d'une identité qui le dépasse et de loin.