Chapitre I : Des débuts du temps au milieu du XXeme siècle

Au départ il y avait quelques artistes qui utilisaient des cailloux pour laisser des dessins de gibier sur des parois de grotte et quelques politiques qui étaient pris pour cible quand la chasse n'était pas bonne.

Puis les artistes voulurent prédire le futur dans le vol des oiseaux et les entrailles fumantes et devinrent des augures et des haruspices pendant que les politiciens pratiquaient le vol à grande échelle au besoin en mettant au jour des entrailles au moyen d'épées aiguisées.

Plus tard, à la Renaissance, les artistes voulurent décrire le travail des politiciens en plus de prévoir l'avenir.
On vit apparaître Dante qui les décrivit sous forme de lucioles ( succédané du soleil dans son enfer ) ou Nostradamus consignant l'arrivée de Sarkozy sous forme de centurie.

Il y eut ensuite une scission chez les artistes :
D'abord les artistes officiels: hagiographes et louangeurs de tout poil chroniquant à tout va leurs idoles et quelquefois faisant oeuvre comme De Maistre ou guillotine comme Chenier.
Quant aux politiques ils expérimentèrent l'exil ou la guillotine comme signe d'accés ou de perte du pouvoir.

Quelques artistes découvrirent le peuple et devinrent maudits ouvrant la lognue litanie des incompris et des malédictions diverses ( économique, éditoriale ).
Ce qui les amena souvent aux portes de la folie et leur donna la force d'imprécations qui barrèrent efficacement l'accès de politiques au gouvernement du peuple.

L'ère de la reproductibilité technique ouvrit grandes les portes des masses ( peuple rebaptisé car en voie d'uniformisation ) aux politiques lointains et à leurs contempteurs artistiques.

L'art agonisant se fragmenta en artistes spécialisés dans la reproduction d'un sujet ( le noir, le ready-made, l'immeuble, le design ... ) qui devint l'outil privilégié d'une politique à base de calculs.
Calcul qui boucla la boucle puisque "calculus" en latin veut dire caillou :
Instrument premier de l'artiste et du politique à l'aube de l'humanité.

Chapitre II : Du milieu du XXeme siècle à nos jours :

Ensuite le fragile équilibre faisant de la politique un élément de la culture tomba.

Debord décréta avec raison : L'art est mort.

Les politiques créèrent le Ministère de la culture.

Mais la chute fait encore sens comme le signale Didi-Huberman dans "la survivance des lucioles" inspiré de Dante et de Pasolini.

Un pas supplémentaire était nécessaire :
Sarkozy advint en politique, il nomma Mitterrand au Ministère de la culture et institua Marin Karmitz à la tête du Conseil National de la Création Artistique.

A Mitterrand pesant le poids de son inanité fut dévolu les inaugurations et le rappel d'une figure de pouvoir.
A Marin Karmitz pesant 70 millions d'euros de chiffre d'affaires fut dévolu la recherche de financements privés pour rétablir la connection des artistes officiels avec les sources réelles du pouvoir politique.

Le peuple subsumé dans les masses étant juste invité à applaudir ( rôle classique des masses dans les dictatures ) à ce qu'il ne peut comprendre et parce qu'il le vaut bien.

Quant aux artistes maudits, ils survivent en chantant dans les rues ( voir exemple ) ou au fin fond d'une campagne et Nostradamus n'a rien prévu pour eux.

Conclusion :

Les fragments à la Benjamin et les aphorismes à la Cioran indiquant deux pôles opposés de la tension qui pourrait constituer ce peuple disparu si les artistes, au dela de l'art, retrouvaient l'humanité par l'individualité ( quand la vie fait oeuvre ) et la politique, au dela de Sarkozy, n'avait pas une opposition qui s'appelle Raffarin.