Lors du discours sur l'hopital psychiatrique du 2 décembre, M. Sarkozy préconise l'installation de cellules sécurisées, fait un lapsus entre "métier" et "pays" quand il parle des psychiatres, confirmant que dans son esprit l'idée de reconduite à la frontière pourrait s'appliquer dans ce domaine la aussi.

Quand une infirmière fait une erreur, la justice l'embastille aussitôt, soutenue immédiatement par Mme Bachelot qui ne bougeant pas un cil sans l'aval politique ne peut avoir agi seule dans cette affaire.

Julien Coupat et Yldune Levy tiennent un rôle qui a de l'avenir, celui d'icône et de test de la réaction de cette société à l'embastillement.

Sans oublier les débats sur la majorité pénale et la détection précoce ( 3 ans ) de comportements déviants.

La notion de "mérite" qui permet de qualifier ainsi M. Marchiani et par la-même le sortir de prison.

Tous ces éléments convergeants dessinent malheureusement une vision assez simpliste des relations humaines sur le mode de relations de pouvoir.

Il y a une variation assez forte des situations qui si elles sont similaires ne s'inscrivent pas dans la durée de la même façon.

M. Coupat sera, même libéré, soumis à une surveillance active.

On peut supposer que M. Marchiani, préfet, sera soumis à un régime de faveur, comme l'a été un sous-préfet de l'Ariège qui ayant été à l'origine d'un accident avec 2 grammes d'alcool dans le sang s'est retrouvé immédiatement hors-cadre ( une promotion ) et aucune mesure de retrait du permis.

Ce qui se dessine la est bien entendu la maxime suivante : faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.

La réaction désabusée qui peut suivre à l'énoncé de ces faits est la plus probable, elle n'est pourtant pas la plus adaptée.

Il n'est pas souhaitable de laisser faire ce genre de choses.

Dans un temps ou en réponse à la plus grave crise financière de tous les temps, la seule réponse de M. Sarkozy est un "code de bonne conduite" il me semble opportun de rappeler sans cesse qu'il n'y a pas d'éthique valable que l'on ne s'applique à soi-même.

Dois je rappeler au petit Nicolas l'ouvrage appelé "L'éthique à Nicomaque", ouvrage d'Aristote fondateur de la notion de vertu en politique?

Oui, cela semble nécessaire quand :

- On qualifie la désobéissance civile de délit administratif avec sanctions à la clé pour les professeurs, les instituteurs et les psychiatres.

- On porte en sautoir une légitimité électorale alors qu'elle a été acquise sur la base de promesses qui n'ont pas été tenues ( pouvoir d'achat entre autres ).

- On parade en Europe en essayant comme le moindre petit cadre d'obtenir une rallonge de son poste de président de l'Europe en montrant son CV.

Il faut des actes, des résultats concrets

Et le fait d'avoir reconduit à la frontière des immigrés, au mépris de règles élémentaires du droit, n'a que peu d'effet sur la spéculation immobilière, la réforme hospitalière, le chômage qui repart à la hausse, l'inégalité sanctuarisée ( Loi Tepa ) et les SDF qui meurent de froid.

Le pouvoir peut être une prison, dorée certes comme les parachutes de vos amis managers, mais néammoins une prison.

Est-ce véritablement votre "désir d'avenir" que vous souhaitiez l'appliquer à tous les français, qu'ils soient prisonniers de leur travail, prisonniers de leur pouvoir d'achat, que le stress les rendent fous et prisonniers.

Tout cela sur la base d'un "volontariat" électif à défaut d'affinités...